vendredi 23 mai 2008

Merci Roger...

Au risque de passer pour quelqu'un qui a décidé de régler certains comptes, finalement quand on veut chasser le naturel, ce dernier vous revient toujours en pleine figure... Dès lors alors que vous aviez choisi de porter le masque de la zenitude (ou celui de l'hypocrisie, ça dépends aussi du tempérament de chacun), vous vous retrouvez avec ce bon vieux couteau aiguisé (et prêt à servir) entre les dents (je peux toujours même ça sur le dos de l'atavisme, mon grand-père paternel ayant été communiste...). Bref, ayant envie ces derniers temps de décider de me border de fiel, c'est reparti pour une chronique plutôt tiédasse.
Comme chacun sait ou devrait savoir, en 1979, le groupe de Roger Waters (Pink Floyd) publie son deuxième plus grand succès, The Wall, un concept album ô combien mégalomane... à l'image de son auteur vous pourriez ajouter. J'éviterai de faire la critique de cet album, enfin sa partie studio j'entends, n'étant premièrement pas le propos de ce billet et deuxièmement si je voulais mettre les formes il s'agirait de faire comme à l'école une belle thèse et antithèse, The Wall ayant les défauts de ses qualités (et au final doit sans doute avoir autant d'admirateurs que de détracteurs).
Non dans ce post, nous allons émettre quelques doutes (bel euphémisme) quant aux qualités de l'album live issu de la tournée de The Wall nommé: Is There Anybody out There? Tout d'abord, de quand date la sortie de cette merveille (quel mauvais esprit...)? A peu près vingt ans après l'enregistrement, soit en avril 2000. Dès lors, vous m'excuserez mais déjà personnellement ça sens pas bon. Bien sur on pourra toujours me rétorquer qu'un album live sorti vingt ans ou un an après son enregistrement ne change finalement pas grand chose, ça reste une chouette opération commerciale dans le but de mettre un peu de beurre dans les épinards à moindre frais dans la poche des producteurs et de la maison de disque. Il faut avouer qu'on cherche pour bon nombre de disques de ce genre l'utilité artistique. Sentiment qui aujourd'hui peut facilement s'amplifier étant donné avec quelle facilité on peut trouver désormais des bootlegs soundboard de très bonne qualité gratuitement sur la toile (comme sur les quelques liens que je propose sur ce blog).
Il n'empêche, grâce à Roger Waters, celui qui perdit le procès qu'il ne fallait pas perdre dans les années 80 (contre ses anciens meilleurs amis pour rappel David Gilmour et Nick Mason... Waters ayant forcé Rick Wright à vendre ses parts fin 70's), nous voici avec le disque live de la tournée The Wall (ironiquement les mauvais esprits pourront à juste titre ajouter qu'après le live de 90 à Berlin du père Waters, on en demandait pas tant...). Tournée qui d'ailleurs fut assez particulière puisqu'il y eut très peu de dates (LA, NYC, en Allemagne et à Londres à Earls Court il me semble), la logistique ne permettant pas une pléthore de dates (ce qui collait aussi avec le propos de l'album, Waters ayant l'idée d'écrire ce concept album après son écoeurement des tournées gigantesques dans les stades).
Oui mais que reproches tu à cet album live hormis le fait d'être un enregistrement public? Déjà comme je l'ai écrit plus haut, en fait ce n'est pas tant la nature du disque qui me gène, il existe plusieurs disques lives incontournables (le Live Dead du Grateful Dead ou l'apocalytique Decade of Aggression de Slayer par exemple), certains faisant même office de meilleurs disques tout support confondu (comme le No Sleep 'Til Hammersmith de Motörhead encore que le débat reste ouvert pour ma part). Non le vrai problème c'est que ce disque (fournit dans un coffret qui de mémoire, comme le reste de la discographie de Pink Floyd d'ailleurs, coute bonbon) est plat, ce disque n'apporte rien, aussi bien au niveau de l'interprétation (que c'est mou...) que de la prise de risque. Certes pour cette dernière, le disque ne se prêtait pas à des improvisations, il n'empêche, sans compter que le côté péchu soit aux abonnés absents, l'émotion aussi est en berne. J'en veux pour preuve les deux extraits sonores d'aujourd'hui, à savoir Don't Leave me Now et The Trial. Autant dans la version studio, on cherchait l'oxygène, le désespoir étant de mise pour Don't Leave me Now autant là... plouf plouf... Ok à l'écoute du morceau on ne fera pas tourner les serviettes pour autant mais où est la folie originelle? Et The Trial n'est pas en reste, quand on connait la version studio, cette fois ci on touche le fond, Waters se démenant comme un beau diable, mais est ce suffisant?
Mais ne chargeons pas trop la barque non plus. A vrai dire la comparaison avec l'album studio surproduit par Ezrin ne pouvait forcément ne pas tourner en la faveur d'Is There Anybody out There?, l'atmosphère si particulière de The Wall étant difficile à reproduire en public. Dans ce cas il aurait été préférable de non pas sortir ceci en disque mais de nous montrer le spectacle filmé, la pilule aurait été sans doute plus facile à avaler... sachant que pendant presque la moitié du set le groupe et ses musiciens additionnels jouent derrière un mur de briques factices (ceci dit selon les morceaux Waters et Gilmour réapparaissaient). Et puis pas certain que cela aurait fait double emploi avec le film d'Alan Parker... Dans les plus, on constate l'ajout de deux nouvelles chansons: What Shall We Do Now? et The Last Few Bricks, sauf qu'elles n'apportent pas grand chose (ok l'une d'entre elles permettaient surtout aux roadies de faire leurs petites sur la scène... la belle affaire)

En conclusion, un disque qui ne pourra plaire qu'aux fans die-hard du groupe, la durée de vie d'un tel objet étant très très limité. Quitte à écouter The Wall, autant jeter son dévolu sur la version originale studio.

mardi 20 mai 2008

Big Apple sound 1978-1983

Après notre intermède comique de samedi dernier (sans compter les private jokes), quoi de mieux qu'un petit retour vers les fondamentaux (oui je reprends le vocabulaire footballistique qui fleure bon la langue de bois et le niveau zéro), bref back to New York, non pas pour ouvrir un nouveau chapitre consacré au vieux loup de Coney Island mais à une compilation sorti il y a quelques années (en 2003) nous replongeant dans le fameux bouillon culturel de la Big Apple vers la fin des 70's.
Loin d'être un fan des compilations (faut dire que ces dernières servent surtout de passe-plats, les majors les utilisant pour nous refourguer leur camelote pas fraîche...), on pourrait de prime abord commencer à émettre quelques réticences sur la dite compil, pourtant même avant de jeter une oreille sur le contenu, le mélomane curieux à la lecture des informations qui circulent autour du disque devrait commencer à avoir les yeux qui pétillent. Ainsi, le titre de cette compilation qui annonce déjà du lourd s'il on en croit la pochette: New York Noise: Dance Music from the New York Underground 1978-1983, compil ne provenant non pas d'une major mais d'un "petit" label Soul Jazz records, dont l'un des spécialités est justement de rééditer via des compilations des chansons disparues faisant parties d'un patrimoine musical plus ou moins underground (dub, post-punk, jungle, etc...).
Le propos de New York Noise (accrocheur comme patronyme, n'est ce pas?) est ainsi de nous présenter un panel des groupes obscurs officiant dans un mélange de genres des plus savoureux : NYC punk, funk, no wave, disco underground, post punk et autres courants expérimentaux.
Parmi les artistes redécouverts, le disque s'ouvre par le morceau Optimo des Liquid Liquid, qui officièrent de 1980 a 1983 dans un post punk groovy influencé par le dub et le funk. Et ma foi, le fan des Talking Heads devrait retrouver ses petits à l'écoute du bébé, une basse qui ne tient pas en place et des rythmes dansants rappelant les préférences world du David Byrne band. L'apparenté avec les géniteurs d'I Zimbra continue de plus belle avec le Baby Dee de Konk et sa géniale section de cuivres (de toute façon avant l'écoute du disque on savait l'importance des "têtes parlantes" sur la scène new yorkaise, mais la, ça en devient bluffant, comme sur Do dada de The Dance), un pont entre l'afro beat (Felaaaaaaaaaaaaaaaa!), le hip-hop, le funk et le post punk. A noter que la compil fait les choses bien puisque autour des deux groupes cités plus haut, gravitaient souvent les ESG ou Bush Tetras, et justement ils y sont! Les Bush Tetras nous proposant un rock dansant (plus j'écoute New York Noise et plus je repense au buzz des dernières années concernant les groupes de New York justement officiant dans le registre d'un rock dansant, je pouffe...) tandis que ESG sont surtout connus pour avoir été samplé par Big Daddy Kane, les Beastie Boys, Jay Dee ou Gang Starr (ah ouais quand même!).
Puis vient le premier All Star band on serait tenter de lancer, à savoir Material avec rien que moins Bill Laswell à la basse et Robert Quine à la guitare (toujours dans les bons coups celui là) pour un Reduction qui montre qu'un morceau peut être très bien à la fois funky et abstrait (une sorte de My Life in the Bush of Ghosts mais funk donc). Puis vient sur sa lancer un autre combo mené par un musicien loin d'être inconnu, DNA d'Arto Lindsay pour un 5:30 court mais dissonant annonçant par la même occasion la future trilogie des 80's de Sonic Youth, ce que va confirmer la 9ème piste Lesson No.1 for Electric Guitar de Glenn Branca (Thurston Moore et Lee Ronado ayant collaborés lors de leurs jeunes années avec le compositeur d'avant-garde), qu'on croirait tout droit sorti d'un Daydream Nation!
Histoire de pas oublier que New York est la ville qui nous offrit le mouvement hip-hop, le 7ème morceau nous gratifie d'un bon vieux rap old school (Sugarhill Gang and co...) Beat Bop emmené par Rammelzee et K.Rob, chanson inclue dans le documentaire culte de la culture hip-hop, Style Wars de 1983. Bref 10 minutes qui permettent aussi de constater que les Beastie Boys ont du être suffisamment bercés par ce morceau pour en reprendre certains gimmicks vocaux.
Parmi les autres artistes présents sur cette joyeuse compilation, on retiendra aussi Clean On Your Bean #1 de Dinosaur L alias Arthur Russel et la chanson clôturant le disque et qui donne son nom au groupe : Defunkt. Russel ayant la particularité d'avoir été compositeur et violoncelliste, d'avoir collaboré avec Philipp Glass ou David Byrne et par conséquent d'être aussi à l'aise dans les musiques dites populaires ou bien plus élitistes. De ce fait, Clean On Your Bean #1 nous convie à une musique qu'on pourrait toujours située dans le sillage d'un post punk mais très connoté funky le tout saupoudré de rythmes latins. Quant à Defunkt, groupe mené par Joseph Bowie, la chanson éponyme représente l'archétype d'un funk raide, bref collant parfaitement avec l'atmosphère dégagée par les groupes précédents.

Au final, une compilation qui est certes loin d'être indispensable mais qui devrait intéresser tous les aficionados de la musique new yorkaise de cette période et les curieux en général.

En bonus, deux extraits de la dite compil:
Liquid Liquid - Optimo
Rammelzee Vs K.Rob - Beat Bop



Extrait d'un concert de Defunkt jouant le morceau Avoid the Funk datant de 1981 live au Berlin Jazz festival

samedi 17 mai 2008

Ouh la la... sta faire!

Ce qu'il y a de bien, enfin quand on est quelqu'un d'un minimum ouvert ou sensé, c'est que nos goûts musicaux (ou autres, ne soyons pas sectaires) peuvent évoluer au cours du temps (on peut très bien être un maniaque en matière de caresse de mains et d'un coup, virer sa cuti). Je ne parlerai pas de nos préférences musicales lorsque nous sommes encore en culotte courte, car à part le fait de se s'accrocher à une quelconque et fumeuse madeleine, il est assez difficile lors d'un dîner mondain (tiens y'avait longtemps que je l'avais pas sorti celui là) de soutenir mordicus les qualités intrinsèques de Chaud cacao ou du Tam-Tam des gorilles, encore que pour Marcel Amont, ça doit se défendre... Qui peut s'enorgueillir d'écouter encore tous les artistes découverts lors de son adolescence? Pas moi... AC/DC m'ennuie et la voix de Bruce Dickinson me fait esquisser une légère grimace. Enfin il me reste toujours ces bons vieux Robert, Jimmy, Jonesy et Bonzo!
A cela vous ajoutez une vision atrophiée qu'on peut se faire lors de l'écoute d'une compilation fournie avec un magazine, et nous voici avec le cas qui nous intéresse. Mais avec le recul, ai je été futé? Finalement tout ce que je peux regretter dans cet album, le deuxième des norvégiens de Tristania, Beyond the Veil, était en partie déjà dans le dit morceau qui m'avait fait tendre l'oreille, Heretique. Mais petit retour en arrière, allons y pour un petit historique!
Les années 90 ont vu l'émergence d'un nouveau style raillé par les uns et adulé par ceux qui restaient: le gothic metal avec comme tête de gondole les anglais de Paradise Lost et une pléthore de groupes scandinaves qui suivront la charrette (marrant d'ailleurs, dans les 90's pas mal de groupes gothiques vinrent d'Allemagne mais dès qu'on y greffait des grosses guitares et autres coeurs féminins, ça venait de Scandinavie... étonnant, non?). C'est ainsi que se pointe en 1996 le groupe norvégien Tristania qui sort début 1998 leur premier album Widow's Weeds. Musicalement, le groupe peut rappeler les premiers Theatre of Tragedy, un doom metal moderne influencé par le death, la musique classique, le tout agrémenté par un chant féminin. En 1999, sort ainsi celui qui nous intéresse, Beyond the Veil, salué comme leur opus le plus inspiré.
Comme je le disais plus haut, j'aurais dû me méfier de mes anciens réflexes. On n'ira pas jusqu'à prononcer que cette mixture est indigeste mais il est clair que ça me laisse totalement de marbre... à trop vouloir étaler de couches, la digestion s'avère difficile les enfants. L'album s'ouvre par la chanson éponyme, celle ci permettant déjà de tester la tolérance de l'auditeur. Voici que se greffe à une batterie martiale des choeurs et une chanteuse lyrique, un violon celtique, un chant masculin oscillant entre l'écorché et quelque chose de plus clair mais maladroit (bref n'est pas Nick Holmes ou Aaron Stainthorpe qui veut... en même temps il ne cherche pas à les imiter donc bon...) et on touille le tout avec un synthé et quelques guitares plus ou moins saturées. Vous trouvez ce descriptif lourd, sachez qu'il est à l'image de la chanson! Le pire finalement c'est que le reste est à l'avenant. C'est très bien interprété, mais qu'est ce que c'est pompeux! Rah certains fans de metal peuvent y trouver leur bonheur, mais rien que l'adjonction d'un chant féminin lyrique à des guitares métalliques me donnent envie d'appuyer sur stop, heureusement que le chant death voire black par moment est bien senti sinon... Au niveau production, on a droit à un beau produit, les synthés ne sonnent pas comme du bontempi (enfin pas trop, c'est déjà ça...), l'ajout de quelques boucles permettent au combo même de surfer sur une certaine modernité, mais bon, c'est surtout bien surproduit (et en plus on a droit à de la flûte)... pas vraiment une surprise à l'écoute de ce gloubi-boulga sonore.
Bref avec tout ça, j'en viens à me demander ce qui m'a fait accrocher au morceau Heretique? A l'écoute du single sorti pour cet album, Angina, je peux commencer à comprendre le pourquoi du comment. Comme son nom pourrait le laisser entendre, Heretique, a déjà une introduction qui colle avec le titre de la dite chanson, genre comptine malsaine, sans doute ceci qui m'a séduit (et encore aujourd'hui je la trouve pas mal cette intro). Puis arrive la cavalerie, enfin pas tout à fait, par touche, avant de connaître une ruade digne des walkyries (et le chant mes aïeux... viking à fond les ballons... chant spécial, pour les non initiés...), une intermède cheap (vous avez dit Enigma?), puis le retour des vikings.
Au final, que dire de cet album? Beyond the Veil représente un instantané, une époque où le gothic metal avait le vent en poupe, un style musical qui par certain aspect peut rappeler les défauts du rock progressif des 70's. Où sont mes Alka-Seltzer?

En prime, je vous gâte, je vous passe le morceau Heretique...

Tristania - Heretique

PS: mes amis pervers pourront toujours écouter Opus Relinque et ses (quelques rares) râles féminins... mais c'est bien peu.

jeudi 15 mai 2008

I am not dead !!! (not yet)

Après cette honteuse mise en veille de ce blog (promis ça devrait s’arranger ces prochains jours), qui à ce propos est tombée en même temps que celle d'Andy ou Thom… sauf que dans mon cas, cette absence est surtout dû à un manque flagrant de motivation et de temps (pareil pour la lecture de mes blogs préférés, c'est dire... quoi j'essaie de me dédouaner?).

Bref, cette après midi le mode vieux NERD étant totalement aware, j’ai découvert cet article : ICI.

Bon à vrai dire c’est pas les premiers à faire ça, des DJs ou assimilés faisant mumuse avec des anciens thèmes de jeu vidéo vintage (NES forever… et me parlez pas de la Wii !!!!). Maintenant que les anglais de la Remix Company se fassent plaisir en remixant les musiques issues des anciennes consoles de Nintendo et Sega (Mario, Zelda et Sonic), ça fait certes pas avancer la charrue (et la durée de vie d’un tel machin est assez faible je concède), mais difficile pour ma part de cracher sur la madeleine.

Comme je le disais plus haut, les RAC ne furent pas les premiers, d’autant plus que des musiciens loin d’être affiliés à une quelconque scène electro ont par le passé été de leur hommage… je pense en particulier au groupe de Mike Patton, Trey Spruance et Trevor Dunn alias Mr Bungle pour un désopilant Super Mario Bros themes où on avait le droit à un florilège des musiques des niveaux 1-1, 1-2 et 2-1 de Super Mario Bros sur NES (oui là je fais appel à un lectorat assez restreint, mais zut je ne dois pas être le seul à avoir jouer à ce jeu, donc bon…). Quelques années plus tard, un groupe dont je retiens seulement sa capacité à faire des covers de groupes metal avec son quatuor à cordes, Apocalyptica reprit différents thèmes musicaux du jeu Zelda, le tout jouer exclusivement donc avec nos quatre violoncellistes.

Bref nostalgie, nostalgie…

N’ayant pas sous la main la reprise de Mr Bungle (ça m’étonne autant que vous mais bon j'ai trouvé une vidéo avec un Mike Patton comment dire... matez la et vous comprendrez!!!), je vous propose celle des finlandais ainsi que le lien pour télécharger les remixes de Remix Company.

See you.



Mr Bungle - Super Mario Bros Medley


Apocalyptica - Zelda Main Theme

RAC – Nintendo VS Sega EP

jeudi 1 mai 2008

11 ans d'attente...

... pour avoir le troisième album de Portishead, mais ça valait le coup!
On peut dire qu'on l'aura attendu celui là, le troisième opus du trio Gibbons/Barrow/Utley... On avait quitté Portishead en 1997 avec un album éponyme classé déjà au rang des classiques, alors après une pause (hibernation?) de dix ans, que peut on attendre de Third? Premier constat, le titre de l'album, à l'image du combo dans un sens, sans artifice tout comme la pochette (pouvaient pas non plus nous refaire le coup de l'album éponyme pour le titre du LP... encore que Killing Joke l'a fait... mais bon, y'avait presque 20 ans entre les deux galettes alors hein bon...). Forcément, l'admirateur du groupe de Robert Wyatt ne peut s'empêcher de penser à une référence au fabuleux troisième album de Soft Machine, mais à défaut d'être totalement une coïncidence, disons qu'il va falloir commencer à se remuer les méninges pour trouver des éléments communs entre ces deux albums...
Bref, plus de dix ans sont passés entre Portishead et Third, ce qui pourrait déstabiliser plus d'un créatif sur le papier. Pourtant en ayant un peu de recul, on peut admettre que pendant cette décennie nulle révolution musicale est apparue, dès lors si évolution il y a, peut elle être si perturbante pour l'auditeur lambda avide de connaître la nouvelle mouture du trio pensant? En aparté, on pourra aussi faire un parallèle avec un autre collectif qui navigue dans les mêmes eaux troubles que Portishead, Massive Attack. En admettant que 100th Window est un album à part, 3D étant seul aux commandes, et sachant que le duo 3D et Daddy G seraient en studio depuis plus de deux ans, on serait aussi tenter de se demander quelle serait la future évolution musicale des géniteurs d'Inertia Creeps et autre Karmacoma.
A vrai dire à la première écoute de Third je fus à la fois surpris et pas du tout en fait. En caricaturant deux options étaient possibles, soit une sophistication et un apport plus important de l'acoustique, rendant leur musique plus jazzy, soit au contraire, ce qui sera le choix du trio, tendre vers quelque chose de plus raide, de plus tendu secondé par un son plus électronique et la guitare d'Adrian Utley.
L'album s'ouvre ainsi par Silence, un sample accompagné d'une phrase en portugais en guise d'intro et déjà un rythme tribal fantomatique fait son apparition... Mmmh le spectre de la coldwave, les 80's? Pas totalement faux, à l'écoute de la guitare d'Utley. Une chose est sûre, miss Gibbons n'a rien perdu de sa superbe, notre Billie Holiday blanche des 90's a toujours autant de talent pour distiller le malaise, épaulée comme il se doit par des cordes venimeuses. Ainsi dès la première chanson, on constate déjà que le trio décide d'aller de l'avant. On notera aussi (c'est dans l'air du temps vous me direz) l'influence du son coldwave voire 80's.
Le second titre Hunter (du fait de son ambiance acoustique au démarrage?) rappelle le duo qu'avait formé le temps d'un LP Beth Gibbons et Paul Webb sur l'excellent Out of Season. Sauf que vient rapidement un riff de guitare bien rampant, et le morceau va ainsi alterner mélancolie acoustique, riff poisseux et quelques apports électroniques se greffant par dessus.
Nylon Smile confirme l'intérêt qu'a le trio pour les rythmes tribaux, sans doute le morceau le plus imprégné de cette nouvelle direction, avec mention particulière pour les paroles.
The Rip avec comme ossature principale dans sa première partie une guitare acoustique est une petite merveille d'intimité jusqu'à ce que... l'ombre de Kraftwerk et ce délicieux son rétro s'immiscent. Un très joli morceau dont la tentation première aurait été de le faire durer plus longtemps, pour reprendre un schéma kraftwerkien, mais il en ait tout autre, histoire de garder intact ce petit instant de grâce.
Plastic fera plaisir aux admirateurs des opus précédents, ce dernier rappelant par son côté dramatique les pépites de l'album éponyme de 1998.
Puis vient un des morceaux les plus importants de Third, We Carry On, chanson hallucinante et hallucinatoire avec sa rythmique obsédante et répétitive. Portishead qui s'essaie à la transe, 6'30" de régal mais qui risque de destabiliser les fans de Glory Box... Un grand morceau en live.
Histoire de reprendre son souffle (en attendant la prochaine claque), Deep Water nous replonge le temps d'une minute trente dans un blues roots, Blind Lemon Jefferson ou Robert Johnson rôdent.
Et oui car la huitième chanson, Machine Gun, elle aussi du fait de son originalité marque un tournant dans l'évolution de Portishead. Le trio s'attaque maintenant au son industriel des 80's, un morceau cru où l'on comprends très rapidement d'où vient le titre de la chanson. On notera le fameux changement à 2'42", avec un son encore plus dense, compressé, profond, distordu... dire qu'il s'agit des mêmes auteurs d'All Mine... Machine Gun se clôt cette fois ci encore par un synthé vintage en provenance des 70's, un synthé bien flippant au demeurant qui laisse planer beaucoup de doutes...
Small reprends un schéma plus calme, voire nostalgique enfin au départ... car cette fois ci encore, une nouvelle influence pointe son chemin, celle du psychédélisme avec un excellent orgue électrique Manzarekien et une guitare qui n'est pas sans rappeler les expériences de Syd Barrett. Une chanson qui aurait sa place dans une BO d'un Tarantino, en particulier sa fin.
Un Magic Doors plus centré sur la rythmique et un Threads lancinant et dramatique (la fin me rappelant rien de moins que celle de The Idiot) ferment cet album qui décidément m'aura surpris dans le bon sens du terme. Gibbons/Barrow/Utley ayant assimilé bon nombre de nouvelles influences tout en gardant la patte qui les caractérisent (avec Beth Gibbons au chant ceci dit...).
Un des albums de 2008.


Portishead - Machine Gun

Portishead - Machine Gun
Portishead - We Carry On (live)

lundi 28 avril 2008

Que donne un lépreux dans une baignoire ?

Réponse: un Aspro 500 of course.

Une petite blague sans prétention pour commencer un billet rendant hommage à un artiste disparu trop tôt: Chuck Schuldiner (en fait c'est le deuxième post que je lui consacre, et ça risque de n'être point le dernier).

Après plusieurs démos sous le patronyme de Mantas avec le guitariste Rick Rozz et le batteur Kam Lee en 1984, puis divers pérégrinations au cours des années 1985-1986 (un line-up instable et un aller-retour pour Toronto histoire d'enregistrer quelques bandes pour Slaughter), Chuck Schuldiner rencontre en 1986 le jeune batteur Chris Reifert à San Francisco; une rencontre importante dans l'histoire du death metal. Nos deux garçons vont rien que ça redéfinir les contours du metal extrême avec le cultissime Scream Bloody Gore, Chuck officiant au poste de guitariste/bassiste/vocaliste et Chris derrière les fûts. En 1983 Possessed avait donné un nom à ce nouveau style virulent, il ne lui manquait plus qu'un "théoricien" pour affiner le propos.

Après ce premier essai qui fait encore date dans l'histoire du metal, Chuck s'associe de nouveau avec d'anciennes connaissances floridienne à savoir les musiciens du groupe Massacre (Rick Rozz, Terry Buttler et Bill Andrews) pour enregistrer le second opus de Death, Leprosy, au fameux Morrisound en avril 1988. Scream Bloody Gore bien que redéfinissant la musique extrême (des vocaux torturés au possible, une rythmique d'outre tombe) mais accusant une certaine linéarité n'offrait pas encore le guide parfait pour tous les futurs jeunes death metal freaks.

Leprosy représente ainsi le Bescherelle quasi parfait du death metal dit old school, tous les plans grammaticaux étant présents: une musique rapide et brutale, une rythmique rouleau compresseur, des solos destroys et de nombreux breaks et autres changements de rythme hérités du thrash et bien sur des vocaux qui font bien souffrir les cordes vocales (ou les oreilles selon le point de vue...).

Pour ma part, vingt ans après son enregistrement, l'album mérite amplement l'étiquette d'oeuvre culte... pourtant on peut tout de même émettre quelques réserves. Deuxième album du groupe et de la première période du combo, Leprosy souffre finalement de la comparaison avec les futurs LP de Chuck (ce qui n'est pas condamnable en soit, même plutôt rassurant de savoir que ses prochains albums seront encore meilleurs et surtout plus riches. Et puis bon Chuck n'avait que 21 ans! Raaaah Human, Symbolic...). Je dois aussi avoir quelques réserves vis à vis du batteur Bill Andrews et de sa prestation. Dans le rôle du bûcheron, il peut recevoir les honneurs, mais alors il a confondu jeu brutal et linéarité, étant bien trop martial et limité, parfait en fait pour une formation de metal industriel (coïncidence, en 1988 Ministry accouchera du premier véritable LP du genre,le délicieux The Land of Rape and Honey). Enfin bon, pour le prochain alum celui clôturant la trilogie death metal old school du groupe, Spiritual Healing, Andrews améliora sa prestation.

Au final, une pierre angulaire du death metal.

RIP Chuck.


Death - Left to Die (live 1988)

Death - Pull the Plug

mercredi 23 avril 2008

Voler comme Washoe

Bien qu'ayant déjà trois posts en gestation, j'écris celui-ci à l'arrache, un peu de spontanéité que diable!
Par moment c'est pas pour dire, mais on traine quelques boulets. J'entends par là qu'il arrive qu'on aime certaines chansons de manière honteuse, je ne crie pas par exemple sous tous les toits mon amour pour Absence prolongée d'Annie Girardot (encore que... j'ai connu des victimes atteintes du syndrome de Stockholm qui crachaient pas dessus non plus).
Bref aujourd'hui (enfin ce soir), voici une chanson que je pourrais qualifier de casserole, de là à dire "c'est beau la honte", il n'y a qu'un pas...
Après avoir casser la baraque en 1973 avec The Joker (tellement célèbre cette chanson que cette dernière est plus connue que son interprète Steve Miller, c'est dire), le Steve Miller Band sort l'album Fly Like An Eagle en 1976 avec cette fois ci encore un nombre conséquent de chansons ultra calibrées pour le public et les radios US (tout ce que j'aime donc) telles que Take the Money and Run ou Rock 'n Me. N'empêche la chanson qui nous intéresse ce soir est celle qui donne son nom à l'album (au passage j'espère que vous avez noté la référence à Cordell Walker). Une chanson au charme surannée comme dit l'expression (qui l'est tout aussi surannée d'ailleurs), où les claviers 70's et la production effectuent un polissage de haute volée qui n'est pas sans rappeler finalement la prochaine décennie synthétique (à voir justement la vidéo (au son tout pourri je préviens) datant de Septembre 1973 où la chanson ressemble surtout à un long jam et à écouter l'intro du dit morceau qui ouvre l'album où le kitsch n'est pas très loin).
De même les paroles sont à l'avenant, dans le genre naïf, le père Miller a réussi quelque chose de grandiose (ceci dit, les paroles des chansons chez nos amis anglophones n'ont jamais brillé non plus en général, donc bon...), mais ce côté léger va de pair avec la musique pop et le chant du garçon.
Bref, en attendant un post consacré à Chuck Schuldiner, voici une chanson très très sucrée (qui colle assez avec la thématique: "nos casseroles").



PS: comme c'est à la mode, je passe cette thématique à qui veut, si quelqu'un souhaite aussi écrire un billet sur une chanson honteuse qu'il apprécie, ne vous privez pas lol.

Steve Miller Band - Fly Like an Eagle